"ROQUEBILLIÈRE"

Il y a 77 ans, la catastrophe

Roquebillière (A.M, alt.585 m.Vallée de la Vésubie Catastrophe du 24 Novembre 1926Éboulement de la montagn, une partie du village ensevelie par l'immense colée de terre ...............................................................!Belvédère
Roquebillière (A.M.) à 50kil. de Nice, alt 585m .vue générale et Belvédère - Vallée de la Vésubie.
(Photo recueillis par Gérard Nicolle)
Un pan du village a été emporté par une coulée de boue, en novembre 1926
Roquebillière, avant la Catastrophe de novembre 1926
(Photo G.N.)
«Dans la nuit du 23 au 24, mon futur mari était avec son père dans la boulangerie, ils préparaient le pain. Ils ont entendu un grondement.Comme à Roquebillière il n'y avait qu'un seul camion, Ils ont pensé que le chauffeur avait du mal à partir. Quand ils sont sortis, ils ont vu les fils électriques arrachés, des pierres partout, ils ont crié, tout le monde s'échappait... Les gens sortaient de chez eux comme ils étaient, sans rien sur le dos, tous allaient à l'église. Le lendemain, ceux qui avaient une maison de campagne y sont allés ou bien dans la famille...»

Familles endeuillées, maisons détruites, habitations lézardées, inhabitables... le bilan a été très lourd et sur le coup la population sous le choc n'a pas compris. Pourquoi une telle catastrophe ? Les hypothèses sont allées bon train : déboisement, irrigation... Un fait existe, l'automne dans le bassin méditerranéen est copieusement arrosé, les pluies sont très souvent torrentielles, et le sous-sol de la vallée de la Vésubie est essentiellement contitué d'argile et de marnes. Quand il y a saturation d'eau, les couches se dissocient et deviennent très instables.

(Propos recueillis par Gérard Nicille).

Une cérémonie simple et émouvante vient de marquer le soixante dixième anniversaire de la terrible catastrophe qui détruisit une grande partie du village en 1926.

Messe en l'église des templiers, dépôt de gerbe à la stéle commémorative ; puis à la mairie, M.Reghezza, maire, entouré des adjoints et des conseillérs municipaux a rappelé les péripéties de la reconstruction du village et surtout insisté pour que le versant, d'où était issu l'éboulement, soit à nouveau surveillé (la surveillance a été suprimée, faute de subventions). Le D' Guigonis, conseiller général, a souhaité quant à lui que Roquebillière continue à lutter, mais que ces combats ne pourraient être gagnés qu'avec l'unité de tous.

Dix neuf disparus

C'était en octobre 1926, la pluie s'était mise à tomber. Ils se souviennent très bien les anciens du villages : des pluies très abondantes, qui durait depuis des jours et des jours. Quarante, dit-on. De mémoire d'homme on avait jamais vu ça. le 23 novembre enfin, le déluge s'étant arrêté on pensait pouvoir respirer un peu. Mais dans la nuit du 23 au 24 novembre, alors que le village dormait, brutalement, à trois heures du matin, ce fut l'enfer. Une gigantesque masse de terre, de boue, de rochers partant de Belvédère dévalait la pente, balayait tout sur son passage. Dans un fracas cataclysme une partie du village était détruite. Les journeaux de l'époque rapportent que les matériaux sont venus encombrer le lit de la rivière sur une longueur d'un Kilomètre ! Réveillés en sursaut, les villageois se sont enfuis vers le seul refuge possible, l'église Saint Michel de Gast, de l'autre côté de la rivière. Dans la consternation la plus totale ils se sont comptés, cherchés : dix-neuf personne avaient disparu.

La peur puis la dure réalité

Avec une voix pleine d'émotion, M. Belleudi , raconte : «Trois ou quatre jours avant la catastrophe, la Vésubie étaiten cru, le coin du moulina même été emporté. Les personnes valides avaient fait un barrage avec un platane. Tout le monde faisait des prières. Dans la nuit il n'y avait plus d'électricité, le canal de la centrale avait été emporté par la Vésubie. J'avais peur, je m'étais caché dans le lit de mes parents... Mon père m'a pris sous le bras, a sauté par la fenêtre dans le jardin ... on a passé le reste de la nuit à l'église. Le lendemain on est allé dans une maison de campagne, on dormait sur la paille. Après, pendant sept ans, on a habité dans un baraquement en bois construit sur la place de l'église. C'était dur, la vie dans une pièce. On se lavait dans le canal du moulin. Après on a eu une maison au nouveau village...»

Témoignage poignant également de Mme Somaïni

(Colection Giletta