"LYON"

Le Rhône naît en Suisse, au Mont Saint-Gothard. Deux cent cinquuante sept glaciers assistent à cet événement et fondent à leur thalweg pour lui apporter le tribut de leurs eaux.

Quatre vingts petits torrents sautent en moussant sur les rochers et se réunissent. Son parcours en Suisse est bref.

Juste le temps de jouer à la grande rivière dans la plaine du Valais... et plouf...il tombe dans le lac de Genève, d'ou il sortira fleuve français

.Le torrent alpin, gris et limoneux, se parera alors de toutes les nuances du ciel et de tous les verts de la fôret. Le Rhône entre en France au fort de l'écluse, et le Juar lui barre résolument la route.

Alors, il se lance dans des gorges, des défilées, des précipices, jusqu'au moment où les monts du Jura, définitivement contournées, lui permettent de couler à pleins bords jusqu'à Lyon. Il se nomme le Rhône «héroïque.» celui que tous les canoéistes aguerris rêvent de descendre un jour. Après le Défilé de léÉcluse, la perte du Rhône, près de Bellegrade, marque le début des grand cannons qui atteignent parfois deux cents mètres de profondeur.

 

Au-Dessus de la ville, dans son ciel où se glissent toujours des gris pensifs, éclate le bel oriflamme de la soirie, aux armes de la cité, de lion d'argent sur fonds de gueules, signe d'une richesse plus de quatre fois séculaire. C'est de 1536 que date, en effet, l'installation dans la ville des manufactures avec lesquelles Lyon allait l'emporter sur le Tours,sa rivale.La Soirie lyonnaise se caractérise, à travers les ^ges, aussi bienpar la qualité de l'étoffe que par la magnifisence du décor dont celle-ci est ornée. Les artistes Lyonnais ont toujours été associés au prestige de la soie et des générations de dessinateurs de fabrique dont quelques-uns de génie comme Philippe de la Salle ont contribué à faire éclore sur le précieux tissu les images qui en sont dignes.

L'industrie de la soirie a profondément modelé le visage de la population Lyonnaise en donnant naissance à ces deux héros traditionnels : d'une part le Soyeux", armature d'une bourgoisie fière de son passé et, de l'autre, le " canut" brave homme d'attisan, à la tête chaude, qu'inspire un vieil anarchisme dont Guignol est, au fond, l'expression populaire.

Étienne Mantelet et son épouse Marie Laplace étaient fabriquant d'étoffes en soie à Lyon ainsi que leur fils Antoine et son épouse Marie Rogemond. ils exerçaient la profession de "canut". Ils habitaient en 1833, 5 Monté du Gourguillon.

 
De Lyon à la mer, le cours est magestueux et rapide, ponctué de ponts suspendus et de grands ponts de pierre aux arches multiples. C'est le Rhône navigable, mais redoutable, qui connut jadis, avant le chemin de fer, une intense activité. Par cette grande voie d'eau remontèrent, à force de rames, les civilisations phéniciennes, grecques et romaines. Pothin y amena le Christianisme. Plus tard, bien plus tard, les «coches d'eau » prient sur le Rhône du service régulier. Il y a même pas un siècle, des bateaux à vapeur, de plus de centmètres de long, méttait plusieurs jours pour remonter du delta jusqu'à Lyon.

Les «mariniers» du Rhône furent célèbres. Les plus solides gars de Givors et de Condrieu se destinaient au fleuve. Pantalon de velours, ceinture de corde et anneau d'or fin aux oreilles, ils partaient dès l'adolescence gagner, leurs vaisseaux, tirés par des chevaux, remontaient jusqu'à Lyon les produitsde la Provence et de la Méditerranée.